En ce moment, je m’amuse pas mal du traitement de l’information par les journalistes et du ressenti par les gens. Ces mêmes personnes qui avaient été révoltées qu’on parle de M. J. ne s’offusquent point qu’on oublie à moitié de parler de la première séance du nouveau parlement européen, par exemple, et ça me fait sourire.
NB : en ce moment je lis une autobiographie de Gandhi, un Folio 2€ avec plein d’extraits de Tous les hommes sont frères, paru également chez Folio. Ce best-of de Gandhi s’appelle : La voie de la non-violence. Je trouvais ça approprié. Du coup, je suis beaucoup plus zen qu’avant.
Par exemple, je tente de traverser une rue et deux voitures et une moto tentent de m’écraser (pour s’arrêter au feu plus loin) ? Pas de problème, que de l’amour, même envers les gens désoeuvrés.
De toute façon, je m’en fous, j’ai eu quasiment 12 à ma première année, j’ai quasiment trouvé mon sujet ET ma problématique pour mon mémoire, des pistes pour l’un des deux stages de l’année prochaine, et mon copain arrive ce soir.
Ouais, tout de suite, vu comme ça, ça paraît un peu nombriliste, MAIS niveau associatif aussi je m’engage… D’ailleurs je vais vous parler de quelque chose que je n’aurais jamais cru dire un jour : ils sont pas très gentils, les gens qui recrutent dans la rue.
Je m’explique : en tant que jeune fille très engagée, je cotise pour Amnesty International et les Jeunes Européens. De plus, ma mère travaillant dans la prévention SIDA (d’ailleurs, ma mère est trop cool : vous en connaissez beaucoup qui débarquent à minuit avec 150 préservatifs et en proposent à tout le monde ? J’adore ma mère !), j’estime que familialement on donne assez pour la recherche. Sans compter que je suis étudiante, prochainement boursière, ce qui signifie potentiellement que je ne roule pas sur l’or (ce que je confirme).
Tout ça pour dire que quand on m’aborde dans la rue, et ayant déjà fait du travail de terrain, je réponds toujours très gentiment que j’aimerais bien, mais non. En général, ça passe plutôt moyennement, surtout que je suis très curieuse, donc je m’arrête pour parler avec eux pour ne rien donner au final. Ceci dit j’estime qu’on peut être un minimum humain dans certains métiers, et ceux-là en première ligne. Je veux dire, tenter de recruter quelqu’un pour de l’humanitaire uniquement en cherchant le fric, c’est contradictoire. Bien sûr qu’il faut des financements, mais il faut aussi de l’investissement humain.
Ce qui m’amène à un événement produit il y a deux semaines et engendré par une action de ma part : constatant que je n’avais AUCUNE paire de chaussures pour l’été, je me suis dit “Cocotte, va t’en acheter et vite !” Chance, c’étaient les soldes, et chance j’ai vite trouvé mon bonheur. OK, c’était chez Minelli mais c’était surtout 40% sur du cuir donc en gros c’était pas bien cher et c’est censé durer longtemps.
Donc, avec ma poche Minelli, je marchais gaiemment boulevard Saint-Michel quand un jeune homme m’aborde pour me proposer de parainner un enfant, pour 20 euros par mois il peut aller à l’école, manger, boire, se loger, bref la joie totale. Sauf que 20 euros par mois, je les ai pas vraiment. Je veux dire, je veux bien manger, boire, me loger et aller à l’école, moi aussi. Pas que je dise “moi d’abord” mais d’autres ont plus les moyens que moi. Donc je tente de lui dire que je suis étudiante, et pauvre, et il a regardé mon sac avec un sourire un peu amer. Tentant de me justifier, j’ai quand même dit que j’allais être boursière, que j’aviserai ensuite du budget que j’avais, mais qu’il était fort improbable que je puisse m’engager sur une telle somme avec une telle régularité.
Je ne pensais pas insulter qui que ce soit, mais le type m’a dit “Bonne soirée” sans que je finisse mes phrases. Je me suis sentie un peu flouée, et ça m’a réellement crispée. En plus, une ONG sans tract, certes c’est écolo mais pas très pratique !
Deuxième aventure, je croise rue Mouffetard la sorcière du placard aux balais. Mais ceci est une autre histoire…