Seconde vitesse

8 octobre 2009

“Féminisme mal placé” ?

Classé dans : Du papier et une couverture, Juste à côté de nous — Stephanie @ 23:15

Cours d’expression (cours où on nous apprend orthographe et style pour rédiger). Je demande à mon professeur s’il est accepté qu’on féminise les mots, “auteur” par exemple devenant “auteure”. Il m’a dit “Oui, bien sûr, ça peut se faire… mais j’avoue que pour moi c’est du féminisme mal placé”.

J’ai pas trop cherché à débattre, car sur une classe de 29 nous sommes 26 filles et personne ne m’a suivie. Mais concrètement… d’où une petite lettre peut être du féminisme mal placé !? Je comprends l’amoureux des mots qui parle. Mais quand même, est-ce normal que dans une biographie d’une femme qui écrit, le mot ne soit même pas féminin ?

Petite détresse personnelle. Pour moi, oui, auteurE. Non mais. Et dans mon mémoire je mettrais même écrivaine, si besoin !

1 avril 2009

Exclusif : ils ont retrouvé le tome 4 de Millénium

Classé dans : Du papier et une couverture — Stephanie @ 10:11

Ce matin, en lisant quelques journaux, j’ai lu entre autre cet article de Rue89, titré “Exclusif : nous avons retrouvé le tome 4 de Millénium”. Je n’en ferai pas ici de résumé, donc je vous propose d’aller lire le lien, si vous êtes intéressés.

Millénium : les trois tomes paraissent dans les cinq premières ventes de l’année 2008, et avec l’adaptation en film, on n’a pas fini d’en entendre parler. La série qui se vend toute seule, qui séduit les amateurs de polars comme ceux qui les détestent. Le miracle éditorial et littéraire de l’année, en somme. Malheureusement, l’auteur est mort, et il n’y aura pas de suite.

Image : lefigaro.fr

Image : lefigaro.fr

Sauf à espérer que des hackers s’attèlent pendant presque une année entière à entrer dans le disque dur de Larsson, trouver le fichier du tome 4, le faire traduire en anglais, français et allemand… et le diffusent, gratuitement, sur Internet.

Louons-nous là des fans prêts à tout pour satisfaire leur soif littéraire, ou bien, à l’heure où les débats résonnent sur la piraterie Internet, n’avons-nous pas encore un exemple de jusqu’où ça peut aller ? Et l’auteur, dans tout ça ? Peut-on, vraiment, diffuser (même gratuitement, et sur Internet) un texte que l’auteur n’a pas voulu publier de son vivant ?

Certes, la question se pose, mais quand on considère qu’un inédit d’Alexandre Dumas paraît quasiment tous les trois mois en librairie… peut-on contester cet argument ?

L’oeuvre, appartient-elle à l’auteur ou à la postérité ?

J’ai, personnellement, plutôt tendance à sacraliser (de trop, bien souvent) l’auteur : ce que l’auteur veut, l’auteur l’a. Je suis un peu de la vieille école, mais il me semble normal que si un auteur renie ses textes passés, par exemple, comme Céline l’a fait, que les  textes en question disparaissent. Pour moi, l’auteur a un peu tout pouvoir sur ses oeuvres. J’essaie de mettre de l’eau dans mon vin, notamment depuis que je comprends qu’un auteur est un être tellement capricieux qu’il vaut mieux, parfois, décider pour lui.

Mais quand même. Quel coup de dingue ils font à tous ces éditeurs (en France, Actes Sud, qui n’a plus de preuve à donner quant à la qualité de son catalogue), ces hackers ! Et même aux traducteurs et à la traduction classique, puisqu’ils envisagent un système de wiki pour améliorer les traductions.

Bien ou pas, pour l’instant je n’ai rien trouvé d’autre sur le sujet à part cet article de Rue89, donc(d’un autre côté, la nouvelle qu’ils annoncent est exclusive). Mais j’imagine déjà que la nouvelle va rendre hystérique plus d’un amateur de Millénium… :-)

… Ou bien c’était une bonne blague.

25 février 2009

De la vie et du papier

Classé dans : Centré sur moi, Du papier et une couverture — Stephanie @ 23:56

Aujourd’hui, il m’est arrivé un truc con. J’avais rendez-vous pour un stage, je pensais que c’était quasiment tout bon, vu que même mon prof était optimiste, et en fait je me suis retrouvée comme une conne à me justifier de ne pas être en Master 2. J’avais envie, comment dire, de lui demander pourquoi elle n’avait pas lu mon CV. Non mais c’est vrai quoi. Il était devant ses yeux avec écrit, sur la première ligne : “PREMIERE ANNEE de DUT”. Dingue. Du coup, au lieu de me retrouver dans un rendez-vous assez informel pour préciser les choses, j’étais en plein “entretien d’embauche de stage”, pas du tout préparé. J’ai improvisé, et bien improvisé, d’ailleurs elle n’a pas dit non… mais, bon, j’ai comme l’impression d’avoir perdu mon temps, d’avoir couru pour rien, et déjà, cette dame-là, bah je l’aime beaucoup moins. Son visage austère, son sourire froid, oh oui je m’en souviendrai.
Bref. Tout se passe bien dans mon stage, j’aime vraiment ce que je fais, je me découvre, tout va bien. J’en profite pour vous parler de quelques coups de coeur littéraires de ces derniers jours :

“Valse avec Bachir”, en bande-dessinée, m’a complètement séduite. Je ne peux pas comparer avec le film, car j’ai refusé de le voir car on m’en avait mal parlé et j’avais compris… hm, disons autre chose. Et c’est un sujet sensible, alors cet autre chose me déplaisait un peu trop. De quoi s’agit-il, ici ? D’un homme qui ne se souvient plus d’événements qu’il a vécus, une vingtaine d’années plus tôt, au Liban, à Sabra et Chatila plus précisément. Il part en quête de la vérité. A vingt ans, il a participé à la guerre de Beyrouth du côté de l’armée israélienne. Cette oeuvre est-elle une dénonciation de la passivité israélienne ? Je ne l’ai pas prise comme telle, au contraire, j’ai plutôt vu une valeur plus globale à la chose : le narrateur est très touchant, très humain, et ce côté humain met bien en valeur l’aspect universel de son histoire. On peut tous être engagés sans vraiment le savoir dans un événement horrible, en l’occurrence les massacres de Sabra et Chatila.
D’une manière un peu plus “politique”, j’ai justement été gênée par cette passivité universelle. Passablement révoltée par cela, parce que ces massacres appartiennent au “septembre noir” de l’année 1982… une autre année terrible que bien trop peu de poètes immortalisent sur papiers, les hommes préférant apprécier de près la mortalité de leurs voisins. Donc, non, rien, toujours aucune paix possible. Et puis, peut-on vraiment dire qu’on ne savait pas ? N’est-il pas criminel de ne pas savoir, quand il s’agit de vies humaines ? D’un autre côté, comment peut-il être possible de tout savoir … ?

Dans le même thème, j’ai beaucoup aimé “Mourir partir revenir le jeu des hirondelles” de Zeina Abirached. Beyrouth, 1984, les bombardements, les habitants d’un immeuble qui se retrouvent pour patienter, l’inquiétude quand ceux qui sont sortis ne reviennent pas, les interrogations des enfants, les jeux, Cyrano de Bergerac qui s’invite, et puis l’explosion. La guerre au Liban, en somme. Les dessins sont sobres, le récit doux et les mots sont extrêmement bien choisis. Rien ne détonne. Les oeuvres de cette auteure libanaise sont d’ailleurs toutes aussi belles, je vous donne là juste ma préférée.

On quitte le Liban et la guerre pour plonger en pleine “Vacance”, de Cati Baur. L’histoire d’une femme qui a un mari et un fils mais qui en a marre de tout et décide un jour de partir. Donc, elle part, sans rien dire à personne, se coupe les cheveux et change totalement de vie. Non, elle ne donne pas de nouvelles même à son fils, ni à son mari, qui se mordent les sangs d’inquiétude. “Dis, papa, elle est où maman ? Elle revient quand ?” Il ne sait pas.
Les dessins ne m’ont pas vraiment plu, l’histoire clairement pas, et même si j’ai cru comprendre que Pénélope Bagieu a bien aimé le concept (jusqu’à le promouvoir sur son blog), je n’ai pas du tout adhéré. Je n’ai pas trouvé ça abouti. Le format BD n’aide sans doute pas à ce qu’on pénétre vraiment dans l’esprit torturé de cette femme. A vrai dire, à part “J’en ai marre de tout”, on a bien peu d’indices pour comprendre sa fugue. Ca ne m’a pas parlé, en tout cas pas du tout positivement, alors je ne vous conseille pas cette lecture. Sans compter que je n’ai pas trop aimé le dessin.

Dans le genre “j’ai pas aimé” je peux directement ajouter “Le goût du Chlore” de Bastien Vivès. Comme le nom l’indique, ça se passe dans une piscine. Un jeune homme va nager, suite aux recommandations de son kiné, afin de muscler son dos. Il nage, sur plusieurs planches, et rencontre des gens. J’aimerais vous dire qu’il y a plus, très sincèrement, mais s’il y avait eu plus j’aurais sans doute davantage apprécié la lecture. Ceci dit, j’avoue apprécier beaucoup le reste de l’oeuvre de l’auteur, Bastien Vivès.

Voilà pour ma part, une grande immersion dans le monde merveilleux de la BD. Et vous,vous avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

13 janvier 2009

“Harry Potter, les raisons d’un succès”

Classé dans : Du papier et une couverture — Stephanie @ 16:43

NB : j’écris cela dans un état de fatigue assez amusant, excusez par avance mes problèmes éventuels d’orthographe et de syntaxe.


Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre qui n’est pas un roman (même s’il inclut un roman dans son étude). La tentative de commentaire de l’oeuvre que je vous présente est bien évidemment pleine d’erreurs, car, dans mon ignorance du monde précis de la philosophie et de certaines données, je suis sans doute passée à côté de certains aspects de l’oeuvre. Le livre en question s’intitule Harry Potter, les raisons d’un succès, écrit par Isabelle Smadja, docteure en esthétique et agrégée de philosophie, publié aux éditions PUF pour la première édition en 2001, pour la présente en 2007. Harry Potter, les raisons d’un succès se veut l’analyse presque exhaustive des raisons qui ont rendu le petit sorcier universel. En effet, on observe souvent le marketing organisé autour des livres et des films, l’économie Harry Potter, mais peu se sont interrogés sur le fait que, traduit en plus de soixante langues (dont le latin !), Harry Potter a séduit petits et grands tout autour du monde. Qu’est-ce qui parle à tout le monde, dans ce roman traitant de sorciers anglais ? C’est un peu le fil conducteur de cette étude rédigée par Isabelle Smadja.

En quatre chapitres, l’auteure tente de décrypter les multiples raisons qui ont poussé les enfants et les adultes du monde entier à apprécier cet ouvrage. A noter, cependant, que l’auteure ne prend en considération que les quatre premiers tomes des aventures de Harry Potter. Le premier chapitre , “Conte de fées, mythes et légendes, la sorcellerie à l’enseigne de la modernité” m’a beaucoup plu. Sont soulignés les mythes, légendes, croyances que l’on retrouve dans les pages de Harry Potter. Par exemple, l’utilisation du serpent comme meilleur ami de Voldemort est une image du diable, souvent représenté par un serpent, ou bien les allusions évidentes au nazisme à travers les discours fanatiques autour du mage noir.

Le deuxième chapitre, “Fonction esthétique de la magie. De la saveur du palimpseste à une lecture palimpsestueuse”, m’a semblé également très intéressant : en quoi la magie sert-elle la rhétorique de Rowling ? La magie, nous apprend Smadja, présente un monde écologique, un peu comme une sorte de retour aux sources, qui tourne en dérision les avancées technologiques “moldues”, comme la voiture, qui ne devient agréable qu’après être devenue sauvage. On y trouve aussi une sorte d’analogie entre l’enfance et la magie, celle-ci représentant un monde où tout est possible et où le rêve ne s’arrête pas. L’illustration la plus pertinente, à mon avis, est le remède contre les Détraqueurs : le chocolat. Ce chapitre montre bien à quel point la magie permet à Rowling de s’exprimer en “codes” (d’où le clin d’oeil aux palimpsestes, parchemins grattés sur lesquels on réécrivait un autre texte). Les messages qu’elle fait passer à travers les livres sont pourtant clairs et rentrent facilement dans notre entendement, notamment celui de l’éducation. En effet, ce n’est pas un hasard si les aventures se déroulent dans une école : le rôle accordé à l’éducation, à la formation des enfants est très important aux yeux de Rowling, qui, loin de considérer que seule une élite a droit d’accès à cette chance, elle démocratise totalement l’utilisation de la magie à tous les enfants montrant des prédispositions particulières.

Le troisième chapitre m’a déplu. Le titre, “Une lecture psychanalytique : le complexe d’OEdipe et sa résolution”, peut à lui seul résumer mon manque d’enthousiasme pour cette partie. En effet, j’accorde peu de crédit au fait que Harry ait une préférence pour sa mère, pure et si gentille, que personne ne peut égaler, alors qu’il représente en plusieurs personnes un père imaginaire (Dumbledore, Black, Lupin). Pour aller plus loin, je pense précisément que cette partie va trop loin dans l’analyse psychanalytique de Harry Potter. Je ne nie pas l’intelligence et l’érudition de Rowling, mais je doute qu’elle ait pris la peine d’accorder une place primordiale à Freud dans la rédaction de Harry Potter. Il serait aussi question de déculpabilisation de chaque enfant du désir inconscient de voir sa mère se sacrifier pour nous. Je suis un peu sceptique quant à ces théories, mais, n’étant pas une grande tête en philosophie, je passe peut-être à côté de l’essentiel.

Le dernier chapitre, intitulé “Valeurs du bien, valeurs du mal, la fonction pédagogique”, est plus du Harry Potter que le chapitre précédent. On remarque notamment l’importance de la désobéissance civile quand les règlements sont injustes, et sur ce point on peut anticiper en remarquant que le tome 5 ne détrompe pas Smadja. De plus, des prises de position de Rowling se dessinent clairement dans ses ouvrages : on peut clairement comprendre qu’elle est pour une éducation où on ne montre pas que le côté positif des hommes aux enfants. On les prend pour des êtres capables de comprendre qu’il y a des choses bien, des choses moins bien, et on le responsabilise en lui confiant ces données. Il peut ainsi, de manière autonome et réfléchie, trouver un juste milieu et approfondir ses qualités propre. On peut aussi voir qu’elle est contre la peine de mort et n’hésite pas à revenir en arrière pour libérer Buck et Black, dans le tome 3. Je ne vous en dis pas davantage, mais ce chapitre m’a vraiment semblé très réaliste sur les enjeux contenus dans Harry Potter.

Je n’ai pas trouvé ce livre particulièrement bien écrit. Certains passages sont totalement obscurs et il est difficile de saisir l’idée de l’auteure. Cependant, en tant que lectrice assidue des aventures de Harry Potter, j’ai apprécié d’y voir quelques zones d’ombre décryptées. Le chapitre d’ouverture et celui de fermeture m’ont beaucoup plus parlé. Cependant, les références nombreuses et pertinentes (Bettelheim, Mauss, Bachelard, Hugo, Kant, Hegel ou bien encore Freud) qui émaillent cette étude permettent de voir sous un jour nouveau des romans jeunesse de sorcellerie, qui pourraient paraître si simplistes à première vue. J’ai apprécié le contenu, mais j’ai quelques réticences sur la forme employée, parfois trop lourde et incompréhensible. Malgré tout, pour un essai, il se lit facilement… l’ensorcellement potterien tiendrait-il aussi les ouvrages qui le nomment ?

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