Seconde vitesse

31 juillet 2009

Self-confidence

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 23:11

Prendre confiance en soi c’est peut-être aussi arrêter de se dénigrer en public. Arrêter de dire à tout bout de champ qu’on est nul, qu’on ne vaut absolument rien, qu’on est mal habillé, que attenion ce qu’on va dire est absurde, etc. Au final, les gens finissent par le croire, ou bien se lassent et arrêtent de contredire. Cercle vicieux, trop caressé.

On parle, on parle toujours, on ne s’arrête jamais de parler et de sourire, de prendre du temps et de l’espace. Parce que le silence rend le regard tellement triste, le silence attire les questions, et les questions… pourquoi faudrait-il y répondre ? Pour dire que, non, ça ne va pas si bien, mais ça va aller, merci ? Who cares ?

Et puis, voilà. Prendre confiance en soi, ce n’est jamais facile ni drôle. On passe son temps à se battre contre soi, contre ses propres préjugés à son égard, on est épuisé en permanence. On se demande pourquoi on fait ça, si on a raison, si on est vraiment la hauteur, si…

Au début, les gens comprennent, et ensuite ils s’agacent. Et après, ils oublient.

Faire attention constamment, qu’est-ce que c’est emmerdant, hein. Ceci dit, si l’attention se relâche, on retombe dans le piège du sentiment d’infériorité exacerbé, on cesse de croire en soi, pour toujours croit-on. Il ne faut jamais cesser de faire attention, veiller à ce que tout soit sous contrôle, toujours.

Et puis réaliser un jour que c’est un combat à mener seul, que personne n’est là malgré le monde qui est là. C’est tellement fatigant, parfois.

28 juillet 2009

Till the pain is so big you feel nothing at all

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 23:08

Ca arrive parfois, les moments de grâce, on s’y attend peu, on est grincheux, et un ange passe.

Je suis du genre émue par les instruments. Les notes s’expriment parfois mieux que les mots, sans s’en rendre compte.

J’atteins souvent ces instants de grâce avec un guitariste, le plus souvent s’il chante en plus il m’a gagnée.

Je connais peu la musique, mes oreilles sont un peu barbares et sont très bon public, hélas.

Mais quand je vois les doigts s’agiter, les cordes vocales s’exprimer, je fonds carrément.

Dans la rue, souvent, c’est la guitare. Dans le métro aussi.

Je ne sais pas pourquoi, entendre “If you want to be a hero, well, just follow me” de la part d’un homme à moitié ivre faisant la manche dans le métro, j’ai trouvé ça extrêmement émouvant.

Juste une guitare, et lui. Une chanson peut-être très écoutée, mais qui reste très belle. Et puis, John Lennon quoi.

A working class hero is something to be.

Juste un instant un peu magique, qui, je l’ai bien senti, a emmerdé tout un wagon mais a un peu éclairci ma journée. J’ai simplement regretté de ne pas avoir mon appareil photo sur moi.

J’aime les musiciens, même dans la rue, dans le métro, dans une salle de spectacle. Ils ont une âme d’artiste, un visage constamment en vie. En plus, ce type, il avait raison. Je veux dire, John Lennon : Give peace a chance. Please…

24 juillet 2009

Où je kiffe ma vie de stagiaire dans l’édition

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 11:58

D’abord, il y a le côté “Ouais, j’ai trouvé un stage dans l’édition, et non je ne fais pas que des photocopies. Je ne prépare même pas le café !”, pour le grand public. Et l’aspect non négligeable “PUTAIN LES GENS J’AI ENFIN TROUVé MA VOIE !!!!!” pour le public restreint de ces personnes heureuses d’êtres mes amis (ceci dit ma mère est très soulagée). Déjà, rien que pour ça, je suis heureuse.

Mais, surtout, il y a le truc de se dire que bon, voilà, j’ai fait un premier pas en direction de ma vie. J’ai été obligée de prendre sur moi pour prendre confiance en moi, en répondant au téléphone, en accueillant quelques clients, ou bien, surtout, en faisant des comptes-rendus de lecture de manuscrits. Moi qui ai toujours su voir le bien et le génie partout, j’apprends enfin à reconnaître que certaines choses comportent de gros défauts. Comme ce manuscrit extrêmement mal écrit et presque vulgaire qui n’a rien à voir avec nos publications habituelles. Du coup, mon avis est écouté et même forwardé à la big boss pour voir si édition il y aura.

Je n’ai pas encore touché à la correction de textes pure et dure, pusiqu’on a des correctrices qui s’en occupent, mais j’ai jeté un oeil très attentif à des épreuves, repéré des erreurs importantes, et sauvé les cheveux de l’éditrice, qui se les arrachait (bon, ok, je me glorifie un peu).

Tous les matins, je lis la presse, enregistre les articles qui parlent d’un de nos ouvrages, les classe, prépare les enveloppes pour les adresser à l’auteur en question. Ensuite, je vais manger, pique-niquer au Luxembourg, souvent seule d’ailleurs. Mais, la plupart du temps, je reste au bureau, prends une semi pause pour vérifier mes mails, les blogs, et les journaux en ligne.

Le traiteur italien d’à côté m’apprécie beaucoup. La première fois que j’y suis allée, je lui ai demandé une grande assiette de pâtes, parce que la petite, elle valait rien aux yeux de mon estomac. Flatté, il m’a demandé si j’étais Italienne (apparemment, il n’y a que les Italiens pour manger autant), j’ai répondu que je n’étais qu’une simple Libanaise, mais également habituée à se repaître fort beaucoup. Ce jour-là, j’avais oublié mes tickets restaurant, j’ai donc dû y retourner le lendemain. Où il m’a fait une énooorme réduc’ assez appréciable.

Depuis, à chaque fois que j’y vais, j’ai un petit cadeau. Le mieux a été atteint hier, quand il a fait semblant de peser ma future assiette puis a entré 8€. Me regarde : “C’est bien, 8€ ou tu veux moins ?” Un peu gênée, j’ai dit que 8€ ça m’allait très bien. Il m’a alors offert un tiramisu fraise-pistache à tomber par terre.

Et puis, chaque jour je trouve de nouveaux détails à apporter pour nourrir mon projet de mémoire, qui m’enthousiasme de plus en plus. Et là, je vais partir dans 2 minutes, éteindre les ordinateurs et rejoindre les doux bras de mon aimé.

Bien belle, ma vie.

23 juillet 2009

Montmartre, la tour Eiffel, le tour de France : la vraie vie !

Classé dans : Centré sur moi, Juste à côté de nous — Stephanie @ 09:05

En ce moment, je m’amuse pas mal du traitement de l’information par les journalistes et du ressenti par les gens. Ces mêmes personnes qui avaient été révoltées qu’on parle de M. J. ne s’offusquent point qu’on oublie à moitié de parler de la première séance du nouveau parlement européen, par exemple, et ça me fait sourire.

NB : en ce moment je lis une autobiographie de Gandhi, un Folio 2€ avec plein d’extraits de Tous les hommes sont frères, paru également chez Folio. Ce best-of de Gandhi s’appelle : La voie de la non-violence. Je trouvais ça approprié. Du coup, je suis beaucoup plus zen qu’avant.

Par exemple, je tente de traverser une rue et deux voitures et une moto tentent de m’écraser (pour s’arrêter au feu plus loin) ? Pas de problème, que de l’amour, même envers les gens  désoeuvrés.

De toute façon, je m’en fous, j’ai eu quasiment 12 à ma première année, j’ai quasiment trouvé mon sujet ET ma problématique pour mon mémoire, des pistes pour l’un des deux stages de l’année prochaine, et mon copain arrive ce soir.

Ouais, tout de suite, vu comme ça, ça paraît un peu nombriliste, MAIS niveau associatif aussi je m’engage… D’ailleurs je vais vous parler de quelque chose que je n’aurais jamais cru dire un jour : ils sont pas très gentils, les gens qui recrutent dans la rue.

Je m’explique : en tant que jeune fille très engagée, je cotise pour Amnesty International et les Jeunes Européens. De plus, ma mère travaillant dans la prévention SIDA (d’ailleurs, ma mère est trop cool : vous en connaissez beaucoup qui débarquent à minuit avec 150 préservatifs et en proposent à tout le monde ? J’adore ma mère !), j’estime que familialement on donne assez pour la recherche. Sans compter que je suis étudiante, prochainement boursière, ce qui signifie potentiellement que je ne roule pas sur l’or (ce que je confirme).

Tout ça pour dire que quand on m’aborde dans la rue, et ayant déjà fait du travail de terrain, je réponds toujours très gentiment que j’aimerais bien, mais non. En général, ça passe plutôt moyennement, surtout que je suis très curieuse, donc je m’arrête pour parler avec eux pour ne rien donner au final. Ceci dit j’estime qu’on peut être un minimum humain dans certains métiers, et ceux-là en première ligne. Je veux dire, tenter de recruter quelqu’un pour de l’humanitaire uniquement en cherchant le fric, c’est contradictoire. Bien sûr qu’il faut des financements, mais il faut aussi de l’investissement humain.

Ce qui m’amène à un événement produit il y a deux semaines et engendré par une action de ma part : constatant que je n’avais AUCUNE paire de chaussures pour l’été, je me suis dit “Cocotte, va t’en acheter et vite !” Chance, c’étaient les soldes, et chance j’ai vite trouvé mon bonheur. OK, c’était chez Minelli mais c’était surtout 40% sur du cuir donc en gros c’était pas bien cher et c’est censé durer longtemps.

Donc, avec ma poche Minelli, je marchais gaiemment boulevard Saint-Michel quand un jeune homme m’aborde pour me proposer de parainner un enfant, pour 20 euros par mois il peut aller à l’école, manger, boire, se loger, bref la joie totale. Sauf que 20 euros par mois, je les ai pas vraiment. Je veux dire, je veux bien manger, boire, me loger et aller à l’école, moi aussi. Pas que je dise “moi d’abord” mais d’autres ont plus les moyens que moi. Donc je tente de lui dire que je suis étudiante, et pauvre, et il a regardé mon sac avec un sourire un peu amer. Tentant de me justifier, j’ai quand même dit que j’allais être boursière, que j’aviserai ensuite du budget que j’avais, mais qu’il était fort improbable que je puisse m’engager sur une telle somme avec une telle régularité.

Je ne pensais pas insulter qui que ce soit, mais le type m’a dit “Bonne soirée” sans que je finisse mes phrases. Je me suis sentie un peu flouée, et ça m’a réellement crispée. En plus, une ONG sans tract, certes c’est écolo mais pas très pratique !

Deuxième aventure, je croise rue Mouffetard la sorcière du placard aux balais. Mais ceci est une autre histoire… :-)

16 juillet 2009

Le Tag de Tagmanie.

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 12:33

Taggée par Thé Citron, je m’exécute :

Ecrire huit souhaits :

  1. avoir des vacances, des vraies, avec mon amoureux.
  2. avoir une vie de famille plus apaisée, plus honnête, plus saine en somme.
  3. trouver une bonne problématique à mon mémoire et réussir à le mener à bout, parce que le sujet est malgré tout ambitieux mais je veux vraiment l’approfondir.
  4. réussir mon DUT et être admise en licence professionnelle, l’année prochaine.
  5. avoir mon code et mon permis, l’année prochaine.
  6. emménager avec mon amoureux.
  7. réussir à dire franchement les choses, même déplaisantes, même à mes amis les plus proches.
  8. trouver un 8ème voeu.

Dire à quoi font penser les dix mots donnés :

Message : Ca me fait penser que les gens ne saisissent jamais les messages que tu leur envoies, et que parfois je me sens bien seule, tiens.
Blog : Une petite communauté sympa, un concept vraiment intéressant mais qui n’existe pas dnas la vraie vie.
Prix : J’ai les références que je peux : ça me fait penser au Juste Prix, présenté par Philippe Risoli.
Croix : A faire une croix dessus.
Scrap : A un mot bizarre.
Création : A Darwin. Oui, je le répéte, j’ai les références que je peux.
Bonheur : Un truc dont il faut bien profiter, car on en aperçoit plus les rayons que le soleil et parfois on crame (je fais les métaphores que je peux – je sais, je ne peux pas grand chose).
Vie : A la mort.
Enfants : A un truc gluant, criant, râleur, parfois mignon, surestimé par la plupart des gens, parfois vu comme innocent mais bien manipulateur. Qui va bien souffrir plus tard, avec la vraie vie.
Passion : A l’étymologie, qui signifie souffrir. Ouais, j’ai grave la classe, j’ai fait du latin au collège, j’étais nulle, mais je peux quand même me la péter en société.

Dire un mot sur la personne qui t’a taggée : tu es une fille bien. :-)

Bon… et le tag passera à qui voudra.

14 juillet 2009

Croquer la vie.

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 16:09

Tout n’est pas encore parfait. Mon père s’est marié en secret, après avoir disparu 2 semaines de la surface de la terre. Deux semaines sans nouvelles pour apprendre ça, avec, en cerise sur le gâteau, une bonne partie de la famille qui savait… et ne nous a rien dit. Pour résumer, mon père nous avait dit être en formation à Lyon et il se mariait en Colombie avec sa garce femme. Pendant quinze jours, on se rongeait les sangs en se demandant où il était, s’il allait bien, s’il était en vie. Et une tante femme savait, l’a félicité, et n’a pas jugé intéressant de nous en parler. A vrai dire, elle a textuellement dit que ça ne nous regardait pas. Très bien, ça fait une personne en moins à considérer comme de la famille. J’ai aussi rayé son mari. Ma famille vient de vivre un grand régime du côté paternel. Et pourtant, je ne m’y attendais pas, de leur part. C’étaient les plus présents. Comme quoi, Tu quoque, fili : ça peut venir de partout. Est-ce à dire qu’il faut être ultra vigilent (vigilence constante !), preque paranoïaque, et ne faire confiance à personne ? Ou bien ne plus s’attendre à rien, ne pas être déçu.

Même si la déception n’est pas mon sentiment principal : je suis davantage choquée et peinée, mais malheureusement mon estime était déjà fort amoindrie pour ressentir de la déception. C’est ce qui m’attriste : moi qui ai été élevée dans une famille nombreuse, dans le respect des aînés et de mes consanguins, ne plus leur faire confiance revient à enterrer une part de mon être. S’il faut cela pour me protéger, cependant, je suis prête à le faire sans revenir en arrière. Finalement, la famille, c’est peut-être celle que l’on choisit plus que celle qui nous voit grandir. Une amie de ma mère s’est davantage comportée en tante que les 15 tantes que j’ai par ailleurs. Allez savoir pourquoi.

D’ailleurs, en ce moment, je ne comprends pas grand-chose. Peut-être que l’air parisien n’est pas très bon pour que je retrouve confiance en l’humanité : comprenons que lorsque j’ai un pack de 6 bouteilles d’eau dans une main et 12 bouteilles de lait dans une autre et que je me fais bousculer plusieurs fois, je ne sois pas très positivement réactive. Du coup, j’aime destabiliser les Parisiens : leur sourire dans une boutique de chaussures pendant les soldes les choque (vraiment). Ou bien proposer à un monsieur de s’asseoir pour être plus à l’aise pour lire provoque une effervescence très comique.

Je n’ai pas compris toutes ces personnes qui ont critqué la couverture médiatique de la mort de M. Jackson. Comme si c’était un DRAME et une HONTE qu’on en parle… alors que les Iraniens se faisaient massacrer. “Société de merde” ai-je pu lire, “qui privilégie une vie plutôt que l’avenir d’une nation entière”. Je n’ai rien répondu, mais ceci dit les Iraniens ont chassé le Darfour, et cela fait des années qu’on n’entend plus rien à propos de la Tchétchénie… Et cela ne choque personne. Alors, oui, société de merde, mais au lieu de se plaindre et de râler, et là j’en reviens à quelque chose que je répète bien souvent : AGIR. Ce n’est quand même pas si compliqué. Et ce n’est pas l’offre qui manque. En plus, si un événement, aussi triste soit-il, peut fédérer des milliers de personnes à travers le monde, ça reste émouvant. La musique adoucit les moeurs, we are the world. Et pourtant dieu sait que je me fous de M. Jackson.

Et puis, voir débarquer au bureau, vendredi matin, mon amoureux, qui avait pris le train à 5h pour me faire la surprise : que demande le peuple ? Un long week-end en amoureux, à visiter le musée de la Musique et à cramer au jardin des Plantes, programmer le musée de l’Armée puis rester au lit, à se regarder dans le blancs des yeux, se faire un repas gras au possible, ne pas prendre le métro et marcher, faire la grasse matinée ensemble, s’embrasser en tournant la tête, s’aimer dans un sourire et fêter nos deux ans et demi de couple. Un peu de bonheur n’est jamais de trop, surtout dans la grisaille parisienne (moralement parlant). Et puis, avoir quelqu’un qui me connait vraiment est un délice. D’un coup d’oeil, d’une simple intonation, il sait ce que je ressens. Quand mes mots se bousculent et que je m’embrouille, il me comprend et traduit aux autres ce que je veux dire. Il sait comment j’aime griller mes tartines, et quelle dose de Nutella il leur faut. Et je sais qu’il aime faire la vaisselle et je l’exploite.

D’un point de vue purement personnel, j’ai trouvé trois paires de chaussures, dont une d’escarpins, absolument divines et confortables au possible. Et mon stage se passe extrêmement bien. Je passe 8h par jour dans un bureau, à faire des photocopies, répondre au téléphone, envoyer des mails, préparer des courriers, et je ne m’en lasse pas. Je me sens passionnée par ce que je fais, vraiment heureuse d’être là. Bientôt, la progression : je vais lire des manuscrits, en faire de fiches de lecture pour voir si on les publie ou pas. Je suis heureuse, j’ai enfin trouvé ma voie.

Et j’ai supprimé mon compte facebook.

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