Seconde vitesse

4 mai 2009

Joke inside

Classé dans : Centré sur moi, Juste à côté de nous — Stephanie @ 23:32

Aujourd’hui, dans le bus, j’ai compris ce qui m’avait mise en rage à propos de ces mobilisations universitaires : l’égoïsme latent des mobilisés. La cause en elle-même, je la comprends très bien, mais non seulement “on” est mobilisés pour se sauver soi-même mais “on” mobilise les autres en les motivant pour se sauver, ou en les culpabilisant de ne pas agir pour sauver les autres. Et moi, ça ne peut pas me parler.

Pourtant, je suis réceptive à tout cela : j’aime le caritatif, je sais m’engager sur le long terme. Mais pas parce que sinon je culpabilise : parce que je sens que c’est la bonne chose à faire. Quand on me demande pourquoi je me suis engagée dans une association européenne, je ne sais que répondre, excepté que ce combat est partie intégrante de ma personne et de mon futur, et je veux le construire.

Je fonctionne très facilement à la culpabilisation, sur n’importe quel sujet. Et, depuis que je suis en thérapie, je réalise que je me mets bien trop souvent en situation de culpabilisation. Pas que je sois foncièrement méchante, mais je m’en veux pour d’infimes détails que personne ne remarque. Du coup, j’ai tendance à éviter ce sentiment, dans toutes ses déclinaisons.

J’ai toujours refusé, dans toutes les campagnes que j’ai pu faire, notamment quand j’étais miliante dans une ONG reconnue d’utilité publique, de faire culpabiliser l’auditoire. Non, on ne montre pas d’enfant qui meurt de faim : on explique concrètement ce qu’il se passe. Ce qui ne veut pas dire cacher la vérité, mais pas l’utiliser. Le but est de faire passer un message, pas de donner une sensation fugace et désagréable.

La politique du sentiment, culpabilisation ou autre, est une mauvaise politique parce qu’elle n’est pas basée sur la raison. Or, qu’est-il de plus subjectif qu’un sentiment ? J’aime mon copain, mais je ne m’attends pas à ce que tout le monde en fasse de même. Oui, je prends un exemple particulièrement subjectif.

Mais dans le fait de culpabiliser ceux qui votent contre le blocage, on diffuse l’idée qu’il y a un combat entre le bien et le mal derrière tout ça. Qui est coupable ? Qui est victime ?

[On pourrait, à dessein, dire qu'il s'agit de savoir qui a raison. Malheureusment, il faut savoir raison garder et nous nous réserverons le droit de ne pas faire de ce trait d'humour quelque chose de vraiment drôle.]

Celui qui est victime est celui qui a le bien de son côté. Ici, il n’est pas question de victime de manière explicite : il n’y a que les coupables, qui, par conséquent, n’ont pas le bien de leur côté.

Ainsi, les assemblées générales, souveraines dans leurs décisions et dans leurs paroles, me donnent une étrange sensation de malaise : je me sens culpabiliser de ne pas vouloir de “grève générale comme en Guadeloupe” (voire, même, de trouver ça absurde et idiot), de souhaiter reprendre les cours, et de penser que tout ceci n’est qu’une vague farce.

Et puis, le côté “Je vous informe parce que vous êtes trop bêtes pour comprendre”… j’ai juste envie de répondre : lol. Accuser l’Union Européenne, via le processus de Bologne, de mal jouer son rôle, c’est tout simplement méconnaître la réalité et l’essence dudit processus.

Bref, je crois que j’ai été tout sauf claire, mais je suis très contrariée car, après avoir subi plus d’un mois d’interruption de cours, j’ai appris que j’avais deux semaines de partiels à compter de demain.

Ha ha ha.

Moi aussi, je ris.

Publié sur WordPress.