Seconde vitesse

27 mai 2009

L’épuisement fait machines

Classé dans : Uncategorized — Stephanie @ 19:57

Finalement, j’ai trouvé un petit boulot de trois semaines avant de partir pour trois mois en capitale française pour un stage formidable dans une petite maison d’édition portant le nom d’un arbre fruitier. Je suis particulièrement heureuse, et je le serais encore bien davantage si :

  • Je n’étais pas malade et ne risquais pas de devoir m’arrêter et avoir des jours de paye en moins ;
  • Je n’avais pas à quitter mon amoureux, mon chat et mon poisson pour trois longs mois ;
  • Mon père semblait revenir un jour de son périple à la recherche du rapatriement de sa copine ;
  • Ma mère semblait considérer que quand je tousse, ai froid, tremble, je ne vais pas bien ;
  • Mon chat arrêtait de faire la gueule.

Voilà, en attendant, bah, je paracétamole ma tronche, j’espère aller vite mieux, et surtout tenir demain, parce que j’ai vraiment besoin d’argent. Hier encore, le DAB (ça fait tellement plus charmant que “distributeur automatique de billets”) m’a informée que ma capacité de retrait était épuisée. Moi aussi, je suis épuisée, mais ce n’est pas pour autant que personne ne peut me voir !

J’ai fait un tour au zoo, l’autre jour, et à part un lapin dans la cage du tigre, rien n’a été particulièrement exceptionnel. Les animaux semblent tristes, il fait chaud, les enfants crient. Et mon appareil photo a fait la tête, lui aussi : lentille sale et batterie épuisée. C’est pas possible, c’est une histoire d’épuisement tout ça …

21 mai 2009

Si tu vois un canard blanc sur un lac, c’est un cygne

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 21:56

Je me sens contente. J’ai un travail, un stage, des amis, une anémie : tout va bien. Pas grand-chose à dire, Zazie dans le métro est un délice, FZ-20 un régal, le mode manuel une révélation. Pourtant, je ne suis pas encore douée, et mon nouveau défi de vie est de prendre en photo un cygne sans qu’il ne soit cramé.

Et demain, peut-être plage, puis zoo. Qui a dit que la vie était dure ?

PS : j’apprécierais des commentaires sur mes photos, considérant que j’avais mal réglé l’ouverture et la vitesse et que du coup elles ont été assez floues (le mode Manuel magnifique a des limites quand on est un boulet).

10 mai 2009

Un film que je n’irai pas voir

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 19:07

J’ai découvert Anna Gavalda il y a quelques années déjà, en apprenant qu’on pouvait souhaiter très fort que quelqu’un nous attende quelque part et en rester déçus, voire qu’on pouvait à jamais conjuguer une histoire d’amour au passé. J’ai aimé Je l’aimais, comme une révélation. Je me souviens encore de cette nuit folle à tourner les pages, avec ma tablette de Milka à côté, ces moments précieux, qui semblaient tellement vrais, que les pages m’offraient, ces listes incessantes de ce qu’un couple aurait pu faire ensemble, mais non. Mon âge innocent a pensé que ce livre contenait la plus belle des histoires d’amour.

J’avais prêté ce livre à mon père et à une cousine de la famille ; j’aime partager mes lectures aimées. On avait ensuite discuté du style d’écriture si particulier d’Anna Gavalda. Je l’ai rencontrée à Mollat lors d’un passage pour la promotion de Ensemble, c’est tout, j’ai été aussi séduite par la personne que par l’auteure. J’ai offert Je voudrais que quelqu’un m’attende à quelque part à A. et à G., je l’ai prêté à J. qui l’a prêté à L. qui l’a prêté à E. qui ne me l’a jamais rendu. J’ai fait une chaîne d’Anna Gavalda, j’avais tellement envie de la faire découvrir.

Pourtant, je n’ai pas le coeur en liesse avec la sortie en salle de l’adaptation du roman Je l’aimais. Entendre que “Parfois, il vaut mieux partir que rester”, que l’amour, le vrai, n’arrive qu’une fois et qu’il faut savoir monter à bord, quelque soit son âge et sa famille, et que tout cela n’est que beauté et non tristesse, entendre tout cela me fatigue. Les échos sont trop familiers.

Tout le monde essaie de me faire entendre raison, et tout le monde a raison : ce n’est pas tragique, que mon père soit parti pour quelqu’un d’autre. Ce qui m’attriste, c’est qu’il soit toujours à penser à elle, ou à être avec elle, aux moments qui sont importants dans la vie de ses enfants, comme Noël, leurs anniversaires, leurs examens et leurs vacances. Ce qui m’attriste, c’est que je ne sais plus comment m’adresser à lui, qu’une partie de moi culpabilise de lui en vouloir encore quand l’autre partie a envie de le prendre dans ses bras pour lui dire que je l’aime.

Je ne sais même plus quoi penser, quoi dire. Résumer “Mes parents ont divorcé, cette année”, c’est plus simple mais ça ne traduit pas mon désarroi. Tous les souvenirs fondés sur une illusion, toutes ces plaies qui n’ont pas le temps de se cicatriser qu’il les rouvre à nouveau. Tout ce temps perdu à se tourner autour, à évoquer des théories du complot, à ne plus se faire confiance.

Depuis un jour très précis, je déteste me séparer de quelqu’un en mauvais termes. J’aime clarifier les choses, puis dire au revoir. On peut mourir avec un clin d’oeil, et je ne voudrais pas que mes derniers échanges avec certains de mes aimés soient des larmes ou de la rancoeur. Alors, en attendant qu’il revienne avec elle, l’autre, j’espère juste que tout ira bien. Qu’on pourra effectivement disposer de ce temps qui nous permettra peut-être de retrouver une complicité. Surtout, en attendant ce moment de retrouvailles, je me sens perdue à réclamer de l’attention auprès de personnes qui ne sont pas lui, parce que lui ne me voit pas.

Tout ça pour dire que pour Je l’aimais, je passe mon tour. De toute façon, j’avais trouvé l’adaptation de Ensemble, c’est tout assez surfaite. A mes yeux, le petit truc en plus de Gavalda, c’est son écriture. Donnée que l’on ne retrouve pas à l’écran.

4 mai 2009

Joke inside

Classé dans : Centré sur moi, Juste à côté de nous — Stephanie @ 23:32

Aujourd’hui, dans le bus, j’ai compris ce qui m’avait mise en rage à propos de ces mobilisations universitaires : l’égoïsme latent des mobilisés. La cause en elle-même, je la comprends très bien, mais non seulement “on” est mobilisés pour se sauver soi-même mais “on” mobilise les autres en les motivant pour se sauver, ou en les culpabilisant de ne pas agir pour sauver les autres. Et moi, ça ne peut pas me parler.

Pourtant, je suis réceptive à tout cela : j’aime le caritatif, je sais m’engager sur le long terme. Mais pas parce que sinon je culpabilise : parce que je sens que c’est la bonne chose à faire. Quand on me demande pourquoi je me suis engagée dans une association européenne, je ne sais que répondre, excepté que ce combat est partie intégrante de ma personne et de mon futur, et je veux le construire.

Je fonctionne très facilement à la culpabilisation, sur n’importe quel sujet. Et, depuis que je suis en thérapie, je réalise que je me mets bien trop souvent en situation de culpabilisation. Pas que je sois foncièrement méchante, mais je m’en veux pour d’infimes détails que personne ne remarque. Du coup, j’ai tendance à éviter ce sentiment, dans toutes ses déclinaisons.

J’ai toujours refusé, dans toutes les campagnes que j’ai pu faire, notamment quand j’étais miliante dans une ONG reconnue d’utilité publique, de faire culpabiliser l’auditoire. Non, on ne montre pas d’enfant qui meurt de faim : on explique concrètement ce qu’il se passe. Ce qui ne veut pas dire cacher la vérité, mais pas l’utiliser. Le but est de faire passer un message, pas de donner une sensation fugace et désagréable.

La politique du sentiment, culpabilisation ou autre, est une mauvaise politique parce qu’elle n’est pas basée sur la raison. Or, qu’est-il de plus subjectif qu’un sentiment ? J’aime mon copain, mais je ne m’attends pas à ce que tout le monde en fasse de même. Oui, je prends un exemple particulièrement subjectif.

Mais dans le fait de culpabiliser ceux qui votent contre le blocage, on diffuse l’idée qu’il y a un combat entre le bien et le mal derrière tout ça. Qui est coupable ? Qui est victime ?

[On pourrait, à dessein, dire qu'il s'agit de savoir qui a raison. Malheureusment, il faut savoir raison garder et nous nous réserverons le droit de ne pas faire de ce trait d'humour quelque chose de vraiment drôle.]

Celui qui est victime est celui qui a le bien de son côté. Ici, il n’est pas question de victime de manière explicite : il n’y a que les coupables, qui, par conséquent, n’ont pas le bien de leur côté.

Ainsi, les assemblées générales, souveraines dans leurs décisions et dans leurs paroles, me donnent une étrange sensation de malaise : je me sens culpabiliser de ne pas vouloir de “grève générale comme en Guadeloupe” (voire, même, de trouver ça absurde et idiot), de souhaiter reprendre les cours, et de penser que tout ceci n’est qu’une vague farce.

Et puis, le côté “Je vous informe parce que vous êtes trop bêtes pour comprendre”… j’ai juste envie de répondre : lol. Accuser l’Union Européenne, via le processus de Bologne, de mal jouer son rôle, c’est tout simplement méconnaître la réalité et l’essence dudit processus.

Bref, je crois que j’ai été tout sauf claire, mais je suis très contrariée car, après avoir subi plus d’un mois d’interruption de cours, j’ai appris que j’avais deux semaines de partiels à compter de demain.

Ha ha ha.

Moi aussi, je ris.

Publié sur WordPress.