Seconde vitesse

25 février 2009

De la vie et du papier

Classé dans : Centré sur moi, Du papier et une couverture — Stephanie @ 23:56

Aujourd’hui, il m’est arrivé un truc con. J’avais rendez-vous pour un stage, je pensais que c’était quasiment tout bon, vu que même mon prof était optimiste, et en fait je me suis retrouvée comme une conne à me justifier de ne pas être en Master 2. J’avais envie, comment dire, de lui demander pourquoi elle n’avait pas lu mon CV. Non mais c’est vrai quoi. Il était devant ses yeux avec écrit, sur la première ligne : “PREMIERE ANNEE de DUT”. Dingue. Du coup, au lieu de me retrouver dans un rendez-vous assez informel pour préciser les choses, j’étais en plein “entretien d’embauche de stage”, pas du tout préparé. J’ai improvisé, et bien improvisé, d’ailleurs elle n’a pas dit non… mais, bon, j’ai comme l’impression d’avoir perdu mon temps, d’avoir couru pour rien, et déjà, cette dame-là, bah je l’aime beaucoup moins. Son visage austère, son sourire froid, oh oui je m’en souviendrai.
Bref. Tout se passe bien dans mon stage, j’aime vraiment ce que je fais, je me découvre, tout va bien. J’en profite pour vous parler de quelques coups de coeur littéraires de ces derniers jours :

“Valse avec Bachir”, en bande-dessinée, m’a complètement séduite. Je ne peux pas comparer avec le film, car j’ai refusé de le voir car on m’en avait mal parlé et j’avais compris… hm, disons autre chose. Et c’est un sujet sensible, alors cet autre chose me déplaisait un peu trop. De quoi s’agit-il, ici ? D’un homme qui ne se souvient plus d’événements qu’il a vécus, une vingtaine d’années plus tôt, au Liban, à Sabra et Chatila plus précisément. Il part en quête de la vérité. A vingt ans, il a participé à la guerre de Beyrouth du côté de l’armée israélienne. Cette oeuvre est-elle une dénonciation de la passivité israélienne ? Je ne l’ai pas prise comme telle, au contraire, j’ai plutôt vu une valeur plus globale à la chose : le narrateur est très touchant, très humain, et ce côté humain met bien en valeur l’aspect universel de son histoire. On peut tous être engagés sans vraiment le savoir dans un événement horrible, en l’occurrence les massacres de Sabra et Chatila.
D’une manière un peu plus “politique”, j’ai justement été gênée par cette passivité universelle. Passablement révoltée par cela, parce que ces massacres appartiennent au “septembre noir” de l’année 1982… une autre année terrible que bien trop peu de poètes immortalisent sur papiers, les hommes préférant apprécier de près la mortalité de leurs voisins. Donc, non, rien, toujours aucune paix possible. Et puis, peut-on vraiment dire qu’on ne savait pas ? N’est-il pas criminel de ne pas savoir, quand il s’agit de vies humaines ? D’un autre côté, comment peut-il être possible de tout savoir … ?

Dans le même thème, j’ai beaucoup aimé “Mourir partir revenir le jeu des hirondelles” de Zeina Abirached. Beyrouth, 1984, les bombardements, les habitants d’un immeuble qui se retrouvent pour patienter, l’inquiétude quand ceux qui sont sortis ne reviennent pas, les interrogations des enfants, les jeux, Cyrano de Bergerac qui s’invite, et puis l’explosion. La guerre au Liban, en somme. Les dessins sont sobres, le récit doux et les mots sont extrêmement bien choisis. Rien ne détonne. Les oeuvres de cette auteure libanaise sont d’ailleurs toutes aussi belles, je vous donne là juste ma préférée.

On quitte le Liban et la guerre pour plonger en pleine “Vacance”, de Cati Baur. L’histoire d’une femme qui a un mari et un fils mais qui en a marre de tout et décide un jour de partir. Donc, elle part, sans rien dire à personne, se coupe les cheveux et change totalement de vie. Non, elle ne donne pas de nouvelles même à son fils, ni à son mari, qui se mordent les sangs d’inquiétude. “Dis, papa, elle est où maman ? Elle revient quand ?” Il ne sait pas.
Les dessins ne m’ont pas vraiment plu, l’histoire clairement pas, et même si j’ai cru comprendre que Pénélope Bagieu a bien aimé le concept (jusqu’à le promouvoir sur son blog), je n’ai pas du tout adhéré. Je n’ai pas trouvé ça abouti. Le format BD n’aide sans doute pas à ce qu’on pénétre vraiment dans l’esprit torturé de cette femme. A vrai dire, à part “J’en ai marre de tout”, on a bien peu d’indices pour comprendre sa fugue. Ca ne m’a pas parlé, en tout cas pas du tout positivement, alors je ne vous conseille pas cette lecture. Sans compter que je n’ai pas trop aimé le dessin.

Dans le genre “j’ai pas aimé” je peux directement ajouter “Le goût du Chlore” de Bastien Vivès. Comme le nom l’indique, ça se passe dans une piscine. Un jeune homme va nager, suite aux recommandations de son kiné, afin de muscler son dos. Il nage, sur plusieurs planches, et rencontre des gens. J’aimerais vous dire qu’il y a plus, très sincèrement, mais s’il y avait eu plus j’aurais sans doute davantage apprécié la lecture. Ceci dit, j’avoue apprécier beaucoup le reste de l’oeuvre de l’auteur, Bastien Vivès.

Voilà pour ma part, une grande immersion dans le monde merveilleux de la BD. Et vous,vous avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

20 février 2009

Paris, je t’aime ?

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 21:24

La première fois que je suis allée seule à Paris, c’était pour un week-end de conférences, et je n’avais même pas de vague idée de ce que pourrait être le fameux métro dont tout le monde me vantait la rapidité. A Bordeaux, on venait juste d’avoir le tramway, et sa forme bizarre m’étonnait suffisamment pour que mon cerveau n’imagine pas plus étrange moyen de transport. Je me concentrais tellement sur les trajets de métro que j’en négligeais les adresses précises de mes destinations. J’étais un peu ridicule, je ne prenais même pas de nom, je me suis perdue à Barbès-Rochechouart, et j’ai finalement réussi à atterrir au boulevard de la Villette,violet. Au retour, en me dirigeant vers Montparnasse, je me suis faite eue en laissant passer une poussette dans le métro, que j’ai loupé du coup, et qui m’a ensuite fait louper mon train.

Là, je suis à Paris seule pour deux semaines, dans l’appartement qu’une amie en vacances m’a prêté. Je me repère à peu près dans le métro (même si toutes ces sorties me perdent pas mal, j’avoue), je connais même quelques couleurs de lignes par coeur, et je sais surtout qu’identifier une ligne par sa couleur ne sert à rien. Je sais comment aller au Louvre, à la BNF, à Montparnasse, à Montmartre (…), aux Halles, à Versailles, à Marne-la-Vallée, hm, enfin je sais aller à peu près n’importe où quand j’ai l’adresse. J’ai un pass Navigo découverte, avec accès au métro illimité par semaine, je connais précisément l’endroit du quai où je dois monter dans la rame pour tomber pile à la sortie que je voudrais après.

Ce qui me perturbe énormément, c’est Paris et les Parisiens. Entre ceux qui sont étonnés de tous ces magasins qu’on a en province (pour info, à peu de choses près : exactement la même chose qu’à Paris, et souvent en moins cher), ceux qui sont trop pressés pour autoriser leurs zigomatiques à décrocher un sourire, ceux qui ne regardent ni leurs pieds ni devant eux et dont on se demande comment ils font pour ne pas tomber, et enfin ceux qui soupirent tout le temps… Sans parler du temps, un véritable temps de chien, ici même le Soleil est chien : les immeubles sont trop hauts pour le laisser atterrir et nous caresser le visage, donc il fait toujours gris. Et ce monde, partout…

Je n’aime pas trop Paris, ma ville girondine me manque, ses bâtiments à hauteur humaine, les personnes qui sourient, la probabilité plus haute de croiser quelqu’un que tu connais dans la rue, toutes ces rues parallèles que je connais qui me font éviter la foule, ces endroits fétiches où on mange bon par pas cher, la plage à une heure et la montagne à deux, l’Espagne à trois pas,  le sud, le soleil, la pluie, les étoiles visibles le soir… Et puis, comme j’habite en périphérie, je peux aussi ajouter : le chant des oiseaux, les chats heureux en liberté, les enfants qui font du vélo en toute sécurité, les rues où personne ne passe mais en travaux perpétuels pour les embellir, le maire qui te connaît quasi personnellement, la lumière la journée et l’éclat de la Lune le soir…

Je me souviens encore de mon oncle parisien, tellement fier de l’être, qui m’expliquait que tous les recoins de Paris ont été immortalisés dans une oeuvre d’art plastique, écrite ou audio. On était à la Butte Montmartre, de nuit, il me disait “Regarde la vue”, j’ai regardé et je n’ai pas vu grand-chose. Des bâtiments, des lumières au loin, une vue de haut de loin, quoi, qui ne vaut pas férocement la vue du parc Güell à Barcelone ou celle depuis la dune du Pyla. J’ai regardé et j’ai juste vu des immeubles et des lumières.

Je n’aime pas trop Paris, qui pour moi se résume à cette image d’enfant : des immeubles et de la lumière. Oui, les bâtiments sont beaux, mais Nantes est une ville magnifique aussi, ainsi que Toulouse, et ne me lancez pas sur Perpignan. Toute ville a son charme. Et j’en ai marre de cette France un peu trop parisienne. Il me tarde de rentrer chez moi, où je peux dire poche et chocolatine en toute sécurité, où mon chat m’accueille le soir et où mon chéri est à trois pas. Il me tarde de ne plus penser que je reviens sans doute très bientôt pour quatre mois pour une expérience, formidable certes, mais… à Paris.

“Paris et le désert français”… bon, à quand une vraie délocalisation ?!

14 février 2009

Valentine’s day is so lame

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 10:38

Est-ce que tout est vraiment voué à finir, quand il s’agit d’amour ? S’ils avaient vieilli ensemble, est-ce que Roméo aurait fini par tromper Juliette ?

En cette journée de saint Valentin, j’aurais voulu vous donner à lire un texte drôle et fin sur une de mes pires saint Valentin (ce qui se calme à présent vu qu’avec mon copain on ne la fête plus, youpi !), mais ma mère m’a annoncé une nouvelle qui m’ébranle un peu. Il y a quasiment un an, ma mère découvrait que mon père la trompait. Avant-hier, une de ses meilleures amies a découvert que son mari la trompait. Et il a eu beau jeu de dire “Ce n’est rien, ça ne compte pas”, le lendemain soir, il n’est pas revenu.

Du coup, je me questionne. Est-ce que quand on a une famille, une femme aimante, des enfants, un emploi stable, quand on arrive vers 50 ans et qu’on fait le bilan de sa vie tout est négatif et il faut forcément aller voir ailleurs ?

Parce que là je vous parle de femmes que j’admire depuis toujours et à qui j’ai envie de ressembler : elles sont fortes, indépendantes, intelligentes, drôles, cultivées, douces, aimantes et patientes (c’est étrange, ce lapsus que j’ai failli faire : j’ai commencé à écrire patiente avec le radical de passion… souffrir). Et elles sont belles, aussi.

Qu’est-ce qui ne va pas pour qu’à la cinquantaine tout semble noir et qu’on foute tout en l’air ?

Je suis un peu dépitée, j’avoue. Alors je n’ai pas envie d’être légère en ce moment, sur la saint Valentin.

Mais bon l’histoire que je voulais vous raconter est vraiment tordante et désacralise totalement cette fête, donc je la raconterai quand même, mais pas aujourd’hui. Oui, aujourd’hui j’avais envie de plomber l’ambiance, de sortir des sentiers battus “la saint Valentin me tue dans mon célibat” ou bien “mon roudoudou d’amour je suis gnagnadingue de toi vive l’amour de nous deux dans la société qui s’aime avec des coeurs partout”.

Peut-être que j’y suis quand même, remarquez.

Bon, et je vous souhaiterai bonne saint Valentin quand on me souhaitera bonne saint Denis à mon anniversaire.

Bonne journée !

13 février 2009

Brièvement, je voudrais dire…

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 00:45

… que ma vie va vraiment très vite en ce moment, peut-être d’excellentes opportunités qui s’ouvrent à moi, je réfléchis beaucoup et je vis à 100 à l’heure, je profite de mon amoureux, du soleil sur les arbres, des troncs déracinés par la tempête, des canards, des pêcheurs, des livres, des découvertes intenses que je fais sur le monde du livre, de la vie soudainement souriante, du soleil qui illumine les pièces, des conférences de ouf, des bons présages, de mes amis, des gâteaux au chocolat, des sourires dans la rue, de mes profs que j’aime tant, des AG auxquelles je n’assiste plus, des lettres que je rédige, des pétitions que je signe, des événements que je tente d’organiser, du monde qui s’améliore parfois, des bonnes nouvelles venus du Liban, de mon prochain départ pour Paris, de ce billet de train que je crains d’oublier, de ces livres que je lis, ceux que je ne lis pas, de ces gens que j’aime, d’ignorer ceux que je n’aime pas, de mon chat, de mon ordinateur, de ma TNT, des mots-croisés de ma mère que je lui vole, …

Je profite. Je n’ai pas le temps. Mais bientôt.

Tout va bien.

:-)

9 février 2009

Les oreilles d’âne

Classé dans : Juste à côté de nous — Stephanie @ 20:44

François Bayrou a donné les noms de ses têtes de listes pour les élections européennes de juin (oui, cette année). De même, Nicolas Sarkozy, en tant que grand chef manitou de l’UMP (ou autre titre, préciser svp), commence à nommer certaines personnes pour se faire élire au Parlement européen. Quelque chose dans ces débats me chiffonne particulièrement.

Que ça apparaisse comme une punition.

Qu’on use les élections européennes comme d’une punition envers une ministre pas assez rentable, ou bien pas assez à la pointe (de ses talons ?) …

C’est un peu la pire méthode qui soit pour que les Français comprennent l’importance du Parlement européen, de la citoyenneté européenne, l’importance du vote pour l’expression de la démocratie européenne. Oui, il y a trois fois le mois “européen” dans ma phrase, mais l’Europe, merde, l’Europe c’est essentiel, non ?

Donc, voilà, outre les cours auxquels je n’ai pas accès, sujet sur lequel je ne veux piper mot, je suis vraiment contrariée par cette ambiance “Tu es mauvais, va donc voir à Strasbourg si j’y suis”.

Ceci montre bien, encore une fois, à quel point Nicolas Sarkzoy est faussement attaché à l’Union Européenne. Il s’y prend stratégiquement bien, je suppose, niveau gestion de ses sbires. Mais pour ce qui est de faire comprendre l’UE et ses institutions vraiment trop complexes aux citoyens français, je n’ai qu’une chose à dire : il s’y prend comme un manche.

Entre le traité de Lisbonne traité à huis clos entre chefs d’Etat, adopté en Congrès en France sans réel débat ou dialogue avec les citoyens, sans même parler du texte lui même, la présidence où il a totalement fait le Français en méprisant les avis des autres puissances européennes, notamment à propos de la présence à l’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, …

Non, Nicolas Sarkozy n’est pas un bon Européen. En tout cas, pas à mon sens – et pourtant, j’ai une vision assez large de la question.

Sur les débats autour de la présence d’une troupe militaire allemande dans une bourgade alsacienne, des riverains ont été interviewés dans une boulangerie. Un homme d’âge moyen a notamment dit cette phrase, qui me semble splendide : “Non, ça ne me dérange pas. De toute façon, aujourd’hui on n’est plus Français on est Européens.” (JT de 13h du 08/02/09, France 2).

Et l’Europe, non, ce n’est pas une punition, c’est une chance immense. Ce serait sympa qu’on s’en rappelle parfois.

NB : à propos du traité de Lisbonne, je tiens de suite à préciser que certes des détails du texte me déplaisent fortement, mais je reconnais d’un autre côté à quel point il est primordial qu’il soit ratifié afin que les institutions puissent, enfin, être débloquées, que l’on avance à nouveau, tous ensemble.

5 février 2009

Grande nouvelle

Classé dans : Uncategorized — Stephanie @ 09:46

Oyé oyé ! Je ne viens rien raconter de fantastique, notamment parce qu’en ce moment je suis plus dans une humeur contrariée que joyeuse. Simplement une petite nouvelle qui peut changer nos vies (ou la mienne en tout cas) : pile quand le Super Bowl se termine, ma connexion Internet s’interrompt !!

Donc à bientôt tout ça, je ne sais pas quand je reviendrai.

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