NB : j’écris cela dans un état de fatigue assez amusant, excusez par avance mes problèmes éventuels d’orthographe et de syntaxe.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre qui n’est pas un roman (même s’il inclut un roman dans son étude). La tentative de commentaire de l’oeuvre que je vous présente est bien évidemment pleine d’erreurs, car, dans mon ignorance du monde précis de la philosophie et de certaines données, je suis sans doute passée à côté de certains aspects de l’oeuvre. Le livre en question s’intitule Harry Potter, les raisons d’un succès, écrit par Isabelle Smadja, docteure en esthétique et agrégée de philosophie, publié aux éditions PUF pour la première édition en 2001, pour la présente en 2007. Harry Potter, les raisons d’un succès se veut l’analyse presque exhaustive des raisons qui ont rendu le petit sorcier universel. En effet, on observe souvent le marketing organisé autour des livres et des films, l’économie Harry Potter, mais peu se sont interrogés sur le fait que, traduit en plus de soixante langues (dont le latin !), Harry Potter a séduit petits et grands tout autour du monde. Qu’est-ce qui parle à tout le monde, dans ce roman traitant de sorciers anglais ? C’est un peu le fil conducteur de cette étude rédigée par Isabelle Smadja.
En quatre chapitres, l’auteure tente de décrypter les multiples raisons qui ont poussé les enfants et les adultes du monde entier à apprécier cet ouvrage. A noter, cependant, que l’auteure ne prend en considération que les quatre premiers tomes des aventures de Harry Potter. Le premier chapitre , “Conte de fées, mythes et légendes, la sorcellerie à l’enseigne de la modernité” m’a beaucoup plu. Sont soulignés les mythes, légendes, croyances que l’on retrouve dans les pages de Harry Potter. Par exemple, l’utilisation du serpent comme meilleur ami de Voldemort est une image du diable, souvent représenté par un serpent, ou bien les allusions évidentes au nazisme à travers les discours fanatiques autour du mage noir.
Le deuxième chapitre, “Fonction esthétique de la magie. De la saveur du palimpseste à une lecture palimpsestueuse”, m’a semblé également très intéressant : en quoi la magie sert-elle la rhétorique de Rowling ? La magie, nous apprend Smadja, présente un monde écologique, un peu comme une sorte de retour aux sources, qui tourne en dérision les avancées technologiques “moldues”, comme la voiture, qui ne devient agréable qu’après être devenue sauvage. On y trouve aussi une sorte d’analogie entre l’enfance et la magie, celle-ci représentant un monde où tout est possible et où le rêve ne s’arrête pas. L’illustration la plus pertinente, à mon avis, est le remède contre les Détraqueurs : le chocolat. Ce chapitre montre bien à quel point la magie permet à Rowling de s’exprimer en “codes” (d’où le clin d’oeil aux palimpsestes, parchemins grattés sur lesquels on réécrivait un autre texte). Les messages qu’elle fait passer à travers les livres sont pourtant clairs et rentrent facilement dans notre entendement, notamment celui de l’éducation. En effet, ce n’est pas un hasard si les aventures se déroulent dans une école : le rôle accordé à l’éducation, à la formation des enfants est très important aux yeux de Rowling, qui, loin de considérer que seule une élite a droit d’accès à cette chance, elle démocratise totalement l’utilisation de la magie à tous les enfants montrant des prédispositions particulières.
Le troisième chapitre m’a déplu. Le titre, “Une lecture psychanalytique : le complexe d’OEdipe et sa résolution”, peut à lui seul résumer mon manque d’enthousiasme pour cette partie. En effet, j’accorde peu de crédit au fait que Harry ait une préférence pour sa mère, pure et si gentille, que personne ne peut égaler, alors qu’il représente en plusieurs personnes un père imaginaire (Dumbledore, Black, Lupin). Pour aller plus loin, je pense précisément que cette partie va trop loin dans l’analyse psychanalytique de Harry Potter. Je ne nie pas l’intelligence et l’érudition de Rowling, mais je doute qu’elle ait pris la peine d’accorder une place primordiale à Freud dans la rédaction de Harry Potter. Il serait aussi question de déculpabilisation de chaque enfant du désir inconscient de voir sa mère se sacrifier pour nous. Je suis un peu sceptique quant à ces théories, mais, n’étant pas une grande tête en philosophie, je passe peut-être à côté de l’essentiel.
Le dernier chapitre, intitulé “Valeurs du bien, valeurs du mal, la fonction pédagogique”, est plus du Harry Potter que le chapitre précédent. On remarque notamment l’importance de la désobéissance civile quand les règlements sont injustes, et sur ce point on peut anticiper en remarquant que le tome 5 ne détrompe pas Smadja. De plus, des prises de position de Rowling se dessinent clairement dans ses ouvrages : on peut clairement comprendre qu’elle est pour une éducation où on ne montre pas que le côté positif des hommes aux enfants. On les prend pour des êtres capables de comprendre qu’il y a des choses bien, des choses moins bien, et on le responsabilise en lui confiant ces données. Il peut ainsi, de manière autonome et réfléchie, trouver un juste milieu et approfondir ses qualités propre. On peut aussi voir qu’elle est contre la peine de mort et n’hésite pas à revenir en arrière pour libérer Buck et Black, dans le tome 3. Je ne vous en dis pas davantage, mais ce chapitre m’a vraiment semblé très réaliste sur les enjeux contenus dans Harry Potter.
Je n’ai pas trouvé ce livre particulièrement bien écrit. Certains passages sont totalement obscurs et il est difficile de saisir l’idée de l’auteure. Cependant, en tant que lectrice assidue des aventures de Harry Potter, j’ai apprécié d’y voir quelques zones d’ombre décryptées. Le chapitre d’ouverture et celui de fermeture m’ont beaucoup plus parlé. Cependant, les références nombreuses et pertinentes (Bettelheim, Mauss, Bachelard, Hugo, Kant, Hegel ou bien encore Freud) qui émaillent cette étude permettent de voir sous un jour nouveau des romans jeunesse de sorcellerie, qui pourraient paraître si simplistes à première vue. J’ai apprécié le contenu, mais j’ai quelques réticences sur la forme employée, parfois trop lourde et incompréhensible. Malgré tout, pour un essai, il se lit facilement… l’ensorcellement potterien tiendrait-il aussi les ouvrages qui le nomment ?