Seconde vitesse

27 décembre 2008

Lire, écrire, parler

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 22:23

J’aime écrire. J’ai toujours aimé créer des personnages, des situations, éventuellement des émotions, en tout cas créer et me sentir mère de quelque chose. Porter un projet, une histoire, jusqu’à un dénouement, m’amuser de vraisemblance et de vérité, m’apporter une compagnie agréable. J’ai toujours été une “graphomane”, une erreur de l’écriture en somme. Ce n’est pas par goût de la flagellation que j’emploie ces termes à la tonalité un peu dramatique, seulement j’ai toujours beaucoup écrit mais pas forcément de la qualité.

J’écrivais en cours, au collège, des poèmes que m’inspirait ma fascination de la mort. Des sonnets aux alexandrins trébuchants que mes copines trouvaient inqualifiables. Puis j’ai commencé à rédiger mon roman, mon fameux grand projet, 120 pages word en police 12, un miracle, et j’ai faibli. Un professeur de français m’a présenté Maupassant, j’ai appris ce qu’était la nouvelle, j’ai voulu m’y essayer. Au lycée, j’inventais des histoires pendant les heures de cours, je les faisais passer à mes amies qui anotaient mes pages raturées.

Et puis, j’ai arrêté. Non par manque d’inspiration, j’ai toujours des tas d’idées à revendre. J’ai arrêté parce que je me suis dit qu’il était temps de se concentrer sur les cours. C’est un drôle de hasard, quand même, que dès que je commence à ne plus écrire en cours, je me rate… Je n’écrivais plus au sens charmant du terme mais j’ai ouvert un blog. Un besoin constant d’écrire, d’une façon différente cette fois. Je ne créais plus rien, je me racontais, simplement. Parfois de manière un peu créative, le plus souvent au fil de la plume, sans aucun effort, sans relecture. C’était une expérience intéressante, je n’irai pas jusqu’à dire que mon blog était mon journal intime virtuel, mais je m’y confiais un peu, écrire sur un support où je savais que j’allais être lue me permettait de relativiser sur certains sentiments. Parfois, je n’expliquais pas d’où ça venait ; parfois, je ne pouvais même pas mettre de mots sur ce que je ressentais et j’offrais juste de la musique.

Il y a quelques mois, on m’a proposé de collaborer à un journal, donc à me consacrer à quelque chose que j’aime vraiment, à me projeter dans un milieu où je voudrais travailler plus tard. Pour cette raison, et aussi parce que le fait que des personnes qui étaient sorties de ma vie “réelle” le commentaient toujours, ou du moins le lisaient, m’insupportait littéralement, j’ai fermé le blog. L’écriture ne me manquait pas vraiment, puisque j’écrivais, mais ailleurs. L’exercice était très plaisant, mais mes copains de blog m’ont manqué. Je ne saurais dire pourquoi, mais j’ai ouvert un autre blog, dont je n’ai donné l’adresse à personne que je connais dans ma vie de tous les jours.

Je traverse en ce moment une “mauvaise passe” : mes parents divorcent, mon père est peut-être instable mentalement, nous avons de gros soucis financiers qui me paraissent hélas insolubles vu la conjoncture actuelle, mes amis sont tous à Paris ou en Erasmus, je fais des cauchemars toutes les nuits, j’ai pleuré le jour du réveillon de Noël, et les gens me regardent bizarrement quand je dis que je vais voir un psy toutes les semaines. Bien sûr, j’apprends aussi à voir la face positive de ma situation, qui peut se résumer en deux mots : mon copain. Tout va très bien avec lui, même si parfois je me dis que cette histoire-là aussi finira dans un égoût, suite à une tromperie, une trahison ou une erreur sur la marchandise. J’ai besoin d’écrire pour extérioriser ces étranges sentiments qui me traversent.

J’aime écrire, les mots me sont thérapeutiques. Ce blog n’est pas aussi amusant qu’il pourrait l’être – au naturel, je suis quelqu’un de très drôle, personne ne voit jamais que je me sens mal même quand je pleure. Il y a plein d’endroits amusants sur Internet, et écrire me fait du bien.

Depuis peu, j’ai un carnet sur moi. J’ai à disposition dans mon sac de quoi toujours écrire. Des histoires se bousculent partout sous mon stylo. Que personne de lit. Ca aussi, cette intimité retrouvée avec l’écriture, ça me fait du bien.

23 décembre 2008

About me

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 15:00

Je vous dois bien quelques nouvelles. La première partie des partiels s’est déroulée moyennement : certaines matières franchement bien et d’autres franchement catastrophiques. Je suis contente car je me sens à ma place et j’ai l’espoir de, peut-être, réussir. Ce que j’apprends me ravit réellement, je n’en peux plus de joie. Maintenant, je peux partir à la chasse aux vieux livres ! Je vais me régaler chez les bouquinistes parisiens pendant mon stage, en février !

Malgré mon Super-Copain, l’Inquiétude est revenue, indicible et incompréhensible. Les problèmes d’argent nous rongent, affamés, jusqu’à la moelle. Il me faut un petit boulot le plus vite possible. Le truc drôle, c’est qu’avec 30h de cours par semaine + l’assoc’, je sors déjà très peu, je suis fatiguée trop souvent, et j’ai à peine le temps de respirer. Mais il faut vivre avec le goût du risque, s’organiser un peu mieux, et comprendre que certaines peines sont nécessaires.

Bref, je ne me sens pas dans l’esprit de Noël, il me tarde que ça finisse, que le 26 décembre arrive, que ces putains de banquiers cessent de ne rien comprendre, que les magasins soient à nouveau vides, et que mon père revienne.

Rien n’est plus comme avant, déjà, et mon ami imaginaire a l’air de ne pas très bien le vivre.

Bonnes fêtes à vous tous, et je ponds quelque chose de plus construit dès que j’ai un peu de temps !

16 décembre 2008

Habenara (l’amour est un oiseau rebelle)

Classé dans : Uncategorized — Stephanie @ 12:43

Maria Callas.

14 décembre 2008

Solidarité bloquée

Classé dans : Centré sur moi, Juste à côté de nous — Stephanie @ 16:13

J’écoute Yann Tiersen et de la musique Country pour me donner du courage. Il faut réviser, à partir de demain 9h jusqu’à vendredi 18h j’ai la chance d’avoir 8 partiels apparemment intercalés de jours de grève. Quand ? On l’ignore. Les partiels seront-ils reportés ? Si oui, à quand ? On l’ignore aussi. L’incertitude dont je parlais précédemment m’agace profondément ces temps-ci. Les IUT se mobilisent et c’est très bien, j’ai très peur pour mon avenir et tout ça n’est vraiment pas pour m’arranger. J’avoue, j’ai une vision égoïste de la chose. Mais les Assemblées Générales (AG) me rendent aigrie.

Sur les tracts, il est dit que ce sont des lieux de débat et d’expression, où tout le monde peut prendre la parole et défendre un point de vue. Il n’est pas mentionné que seront hués ceux qui osent dire qu’ils ont envie d’aller en cours ; il n’est pas écrit que seront moqués ceux qui après un Master n’ont toujours pas de travail et se réorientent en DUT. Nulle part, il n’est précisé que ceux qui lèveront la main contre le blocage seront considérés avec haine par les 150 autres qui, eux, veulent défendre la démocratie. Qui, eux, ont voté blocage pour se rendre aux manifestations. Qui, elles, ne regroupent que 30 personnes.

Les tracts sont bien menteurs . Il faut être synthétique et clair, je le sais. J’en ai rédigé suffisamment pour le savoir. Mais je n’ai jamais menti. J’ai bien une trop haute idée de ce que l’être humain a comme capacité de réflexion. C’est aussi pour ça que je suis souvent déçue.

Sur les tracts, on vante les mérites de la Solidarité, oubliant ce slogan qui a libéré la Pologne dans les années 80. On dit qu’il faut qu’on soit tous solidaires, et, face à l’IUT, combien passent tous les jours devant les Restos du Coeur sans jamais s’arrêter ? Combien passent devant le clochard du Restaurant Universitaire (RU) sans jamais lui sourire, ni lui offrir un café (60 centimes) ? Combien hurlent à la solidarité, la sainte solidarité, en ne faisant que ça. Hurler. Sans jamais aller au bout.

La vraie solidarité se manifeste dans la rue, oui, mais ne se défile pas devant le travail pénible d’aide à l’autre. Tant que ces chers syndicats étudiants et que ces chers comités de mobilisation ne le réaliseront pas, il est hors de question que je me joigne à cette mascarade.

Oui, il ne faut pas dire “il y a pire ailleurs”, oui on se bat pour ne pas finir à la rue. Mais ceux qui y sont déjà, à la rue, qui se bat pour eux ?

A Bordeaux, une fois par mois, est organisé un cercle de silence sur la place de la Mairie. Principe simple : des gens se mettent en cercle et en silence pour manifester pacifiquement contre les centres de rétention de sûreté. Maximum 40 personnes chaque fois.

Il y a des associations d’aide à l’accompagnement des personnes demandant un visa ou la nationalité française. Combien de gentils Français solidaires seulement les connaissent ?

Le premier décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA, les stands d’AIDES n’étaient pas pleins de monde. Bien sûr, on a faim, et bien sûr, on étudie. Ca nous permet d’être solidaire au chaud et le ventre plein, et d’oublier la misère du monde.

Oh, je sais bien que je fais des généralités. Je suis simplement en colère, parce que dans ces AG on parle simplement de soi : soucis d’avenir dans un débat franco-français au possible. On ne se dit jamais qu’on a la chance de pouvoir faire nos études. On ne se dit jamais qu’on a la chance d’avoir un toit et de pouvoir manger. On ne fait jamais d’AG pour aider les autres. On ne fait jamais de blocus pour un étranger rappatrié légalement et en urgence dans son pays, jamais d’AG pour des descentes de flic dans une maternelle pour y chercher un gamin qui sera le soir même dans un avion direction “pays d’origine” avec ses parents, jamais d’AG pour le Darfour, la Tchétchénie, le Liban, la Palestine ou l’Irak.

Non, on fait uniquement des AG sur notre propre nombril. Il est tellement beau.

PS : je sais bien que ce genre de messages peut véhiculer de la colère. Je cherche surtout à comprendre ce qui se passe, je ne demande rien d’autre que de pouvoir avoir un regard plus doux sur ces situations. Mais je n’y arrive pas …

12 décembre 2008

Patience et longueur de temps …

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 18:19

Je ne suis pas patiente, c’est peut-être là un de mes pires défauts. Je déteste attendre. Je déteste commencer quelque chose en me disant qu’à tout moment je peux être interrompue.

Bien que doutant toujours, je n’aime pas ce qui n’est pas certain. Je n’aime pas qu’on me dise “peut-être” en fin de phrase, ça me rend suspicieuse. Je ne fais pas confiance facilement, et d’instinct je considère que plus les gens font appel à notre patience pour nous rendre un service, moins ils seront enclins à rendre ce service, et ils peuvent même aller jusqu’à reprendre leur parole. Je déteste ce genre de personne, ceux sur qui on ne peut pas compter.

De même, je n’aime pas le temps trop lent : un bus qui tarde à venir, et on ignore la raison de son retard. J’ai déjà attendu un bus cinquante minutes. Dans le froid et l’intense panique. Une fois arrivé, j’ai pu apprendre par le chauffeur qu’il y avait eu un accident sur le trajet et que ça avait occasionné des soucis sur le réseau. J’ai compris, je ne me suis pas énervée, la pression est retombée. Je n’aime pas attendre, sans savoir pourquoi.

Un jour, un garçon m’a demandé de l’attendre. J’étais supposée l’attendre six mois pendant qu’il était en Angleterre à servir des hamburgers aux rosbifs, l’attendre, l’espérer et l’aimer pendant six mois. J’étais d’accord, mais lui n’a tenu que trois semaines – quelle abnégation !! Je n’aime pas attendre les gens car les gens ne sont pas fiables et je ne leur fais pas confiance. Je veux bien attendre mes amis, mes proches, mais pas les gens, au hasard.

Je n’aime pas patienter, je n’aime pas être reléguée à la place “après” dans l’ordre des priorités, j’aime sentir que je compte un peu, qu’on me prend en considération. C’est ridicule, je le sais. Un médecin ne va pas me faire passer avant qui que ce soit sous prétexte que j’ai une grande insécurité relationnelle. Mais je déteste attendre, quand même.

Commencer quelque chose et savoir que je serai interrompue.

Mais je crois que le pire, c’est l’interruption qu’on n’avait pas prévue, cette subite déconnexion du monde réel qui nous ouvre le monde de l’incompréhensible. Le pire, c’est l’attente imprévue.

Je ne suis pas patiente, c’est peut-être là un de mes pires défauts, je n’aime pas ce qui n’est pas stable. Mais qu’est-ce qui est stable, dans la vie ? …

7 décembre 2008

Une petite bière ?

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 19:51

Tout le monde nous l’avait dit, “Ca tombe vraiment mal”. Est-ce que ça aurait pu tomber bien ? Est-ce qu’il est imaginable de penser que ça aurait pu bien tomber ? En même temps, il aurait pu choisir sa date un peu mieux : mourir le 24 décembre, franchement, c’est pas génial. On aurait bien voulu le lui dire, vraiment, lui ordonner de revenir, de choisir un meilleur moment pour mourir, mais il était déjà parti, qu’y pouvions-nous ?

Mon grand-père est décédé le 24 décembre 2004, à 9h15 à peu près, dans la chambre de ma soeur. Les cris et les pleurs de ma mère sa fille et de ma grand-mère m’ont réveillée. M’ont plongée dans un cauchemar. Enterrement le 27 décembre, fou rire en voyant la tête ravagée d’une vieille tante débile, fous rires partout, sauf au funérarium en baisant son front froid.

L’autre jour, en repassant devant l’église où on l’a honoré avant de le mettre en terre, j’ai vu un parterre de personnes habillées en deuil. Une autre personne était morte, on priait pour quelqu’un encore dans cette église, la vie n’en arrête pas de finir. J’ai repensé à ce jour de décembre où les fleurs riaient, où les oiseaux chantaient, et où nos coeurs saignaient de ce cercueil qui emportait avec lui le Sage de notre tribu familiale…

Je ressens cette absence un peu plus cruellement ces jours-ci. J’aurais aimé que mon petit amoureux rencontre mon grand-père. J’aurais aimé que mon grand-père me voit réussir le baccalauréat, me voit me plaire dans mes études, me voit me passionner pour quelque chose qu’il a toujours aimé : le Livre. J’aurais aimé qu’il soit là dans ma vie. Et j’aimerais que ma grand-mère ne parte pas, pas encore.

Quand j’étais petite, j’étais impressionnée par mes copines qui avaient leurs quatre grands-parents et parfois même plusieurs arrières-grands-parents. J’avais simplement les parents de ma mère, ceux de mon père étant décédés quand lui-même était jeune. J’étais impressionnée par ces imbéciles qui ne comprenaient pas qu’un grand-père ou une grand-mère c’est beaucoup plus qu’un chèque à un anniversaire, ou des petits gâteaux pour le goûter.

L’énorme point positif des grands-parents, c’est cette manière délicieuse de se ranger de notre côté quand notre parent nous ordonne de ranger notre chambre, en lui rappelant que “Quand tu avais son âge, tu étais pire, tu te rappelles, on pouvait même pas pousser la porte pour rentrer ?” Et puis ce côté calin, ou ce côté sévère, ce côté différent de nos parents, l’autorité mais aussi la patience, et ce besoin de transmettre aux générations futures.

Chez moi, c’était le signe de croix avant de manger, qu’il essayait de nous transmettre. Et puis ces photos de sa jeunesse qu’il nous faisait passer. En noir et blanc, au Liban, au Sénégal, enfant, mari, père, amoureux, instituteur, restaurateur. Une vie remplie. Je ne lui ai pas posé assez de questions, il y a encore tant de choses que je ne connaîtrai jamais.

J’ai rangé mon bureau aujourd’hui, j’ai mis sa photo devant moi. Ce grand homme me donne du coeur à l’ouvrage. Je ne sais pas si une vie après la vie existe, mais je sais qu’il est là, près de moi, qu’il veille sur moi. Ces jours-ci, il est fier de moi. Je peux avancer, la direction est la bonne.

2 décembre 2008

Un jour, mon prince vint

Classé dans : Centré sur moi — Stephanie @ 21:53

Cet article ne va pas exprimer de grandes idées ou des choses vraiment intéressantes. Ce sera une petite photographie de mes états d’âme depuis quelques semaines.

Il se trouve que je suis entrée dans une phase niaise particulièrement profonde. Je regarde les gens qui s’aiment et je les aime de s’aimer. Si mon chéri n’est pas de bonne humeur, que m’importe, je souris quand même. Quand j’entends que deux personnes se séparent, mon coeur se brise et je pleure (ceci n’est pas une figure de style mais une simple retranscription de la réalité).

Cette mièvrerie trouve peut-être sa racine, ou du moins sa cousine, dans le récent divorce de mes parents, dont le cadavre de couple peine à refroidir, enflammé souvent par la flamme de la rancoeur et de l’amertume. Depuis longtemps, ils avaient été le couple “parfait” à mes yeux : ils se connaissaient depuis quasiment toujours et ont commencé à sortir ensemble vers 17-18 ans. Quatre ans de “dates”, puis mariage. Puis trois enfants. Dans tout cela, épreuves de la vie, couple toujours plus soudé.

Croyions-nous.

Bref. Ces temps-ci, je re crois qu’aimer est possible. Et je me sens niaise quand je pense à mon copain, je fais sourire mes compagnes d’IUT quand je parle de lui. Parfois, en cours de journée, je reçois un SMS de lui qui éclaire tout de suite mon visage. Je suis fan de mon amoureux.

Je suis heureuse de me dire que je suis à nouveau positive sur cet aspect-là de la vie. En plus, grand miracle, je ne suis plus inquiète que ça prenne fin. Je commence à lui faire confiance, vraiment, à me dire qu’il ne me laissera pas quand “il trouvera mieux”, parce que peu importe le mieux, il ne me compare à personne puisqu’il m’aime.

Et si ça finit, j’aurais eu une grande part de bonheur.

Je suis heureuse.

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