Demain, c’est le 1er décembre. Le début de l’Avent, 24 jours avant Noël, le début du dernier mois de l’année 2008. C’est aussi la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Je pourrais vous faire un topo sur les statistiques à l’heure actuelle, et les risques sanitaires, les moyens de transmission de manière précise, et tout, mais je n’en ai pas du tout la compétence. Seulement, j’ai envie de marquer le coup car, suite à quelques conversations avec des personnes, il m’est apparu évident que beaucoup de choses sont très méconnues.
Premièrement : le dépistage. Comment et quand se faire dépister ? La réponse est simple : quand on a pris un risque. N’est pas compris dans “risque” le fait de serrer la main à un séropositif, n’est-ce pas, merci. Le dépistage doit s’effectuer dans les 72h suivant la prise de risque, ou bien trois mois après. Pourquoi trois jours ou trois mois : temps d’incubation du virus, pendant ce temps-là, on peut certes faire la piqûre pour voir où ça en est mais le résultat n’est pas fiable. A noter : le dépistage, en France, se fait de manière anonyme et gratuite. Vous pouvez donc y aller en toute confiance. Sans oublier le secret médical qui lie les infirmières et médecins de chaque centre. Il est aussi possible de se faire prescrire le dépistage par votre médecin.
Sans prise de risque, un dépistage est inutile. Je présente ici le cas d’une fille que j’ai croisée à la médecine préventive, lors de la visite universitaire obligatoire : dans une relation stable depuis deux ans, partenaires exclusifs, son compagnon et elle ont été pas moins de quatre fois déjà dépistés. “Pour être sûrs”. Bon, donc je précise : pas besoin de chercher à “être sûr” quand on n’a rien fait d’incertain. Risque = dépistage, pas de risque = pas de dépistage. Le schéma est clair.
Par contre, à côté, une jeune fille riait en disant qu’elle, elle avait pris “plein de risques” et ne s’était jamais fait dépister. Ha ha. Alors là, j’arrête tout de suite les hilarités : ce n’est pas drôle. On peut coucher vingt fois sans protection avec un séropositif sans contamination, mais il suffira d’une seule fois. Et puis bon, c’est mignon le “on est jeune et invincible” mais c’est aussi très faux. Sans compter que l’argument “le préservatif coûte cher” est également très faux : dans les plannings familiaux, ils sont gratuits. Et, au pire, demandez-vous si votre santé et votre vie entière est plus importante qu’une chocolatine et réfléchissez-y avant de payer à la boulangerie (oui, je suis terrible, je profite d’un article sérieux pour glisser un peu de propagande linguistique de chez moi, j’assume).
J’attire votre attention sur le préservatif : on pense souvent au préservatif masculin uniquement, plus “pratique” et beaucoup moins cher que le féminin. Mais les avantages du préservatif féminin sont qu’on peut les mettre plusieurs heures avant l’acte (alors que le préservatif masculin, ça le “périme”), on ne le sent quasiment pas pendant l’acte, et, surtout, ça ne casse pas le feu de l’action. Sans compter les hommes qui refusent le préservatif : avec cette parade, la femme prend totalement le pouvoir. Par contre, comme je le disais, il est presque dix fois plus cher que le préservatif masculin, et un peu embêtant à mettre en place, surtout pour celles qui ne mettent pas de tampons.
Tout ça pour dire que non, le SIDA n’est pas mort. Aucun vaccin n’est trouvé : on ne guérit pas du SIDA. Les tri/quadrithérapies permettent de supporter la maladie mais ont des effets secondaires qui rendent la vie très difficile au quotidien. Les séropositifs ne correspondent pas tous au profil “homosexuel drogué inconscient” : ce cliché adorable permet d’éloigner la maladie des hétérosexuels bien sous tous rapports sauf sexuel et par conséquent est très dangereux.
Une dernière chose : faites toujours attention à votre verre quand vous sortez. Qui sait ce qu’on peut glisser dedans après un instant d’inattention. La prudence ne sera jamais suffisamment répétée…
Capotes gratuites au Planning Familial… Et aux Solidays ! En plus de donner des sous pour Solidarité Sida, il y a de quoi faire le plein pour un bon bout de temps (c’est un sport national, pendant le festival)
Et puis, il y a plein de points de vente pour des capotes “basiques” à 1€ les 5. 20 centimes l’une, c’est moins cher qu’une chocolatine !
Comment par Laure — 30 novembre 2008 @ 22:30
J’allais dire pareil que Laure : maintenant, c’est 20cts le préservatif, c’est vraiment pas ruinant !
Dans certains concerts / festivals (même s’ils ne soutiennent pas financièrement la recherche pour le sida), il y a également distribution de capotes !
Tiens, par exemple, ce WE y avait un festival dans les bars de Nantes, j’ai eu 3 capotes.
Y a aussi un truc à dire : ce ne sont pas seulement les mecs qui doivent acheter les capotes! Les filles aussi! Parce que la capote protège les deux personnes…
Moi j’en ai toujours dans mon sac…
Actuellement, je prépare un exposé sur les personnes atteintes du HIV et je me renseigne donc sur le site de l’ANRS : Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites virales.
Voilà.
Comment par Headbanging — 1 décembre 2008 @ 16:07